Poème de 2005
Fait à la clinique Saint-Léonard, devant un verre d'eau (suite à l'opération de la hanche gauche) le 8 mars 2005
Le déluge apaisé, Noé le Patriarche
Sur le mont Ararat descendit de son Arche
Et, observant le sol de ses eaux libéré,
Vit qu'arbustes et fleurs en tout lieu renaissaient.
Il aperçut un plant porteur de quelques grains
Qu'il goûta : savoureux ! oui , c'étaient des raisins !
Conquis par les vertus de ce délicieux fruit,
Il décide aussitôt de l'emporter chez lui,
Et pour le protéger, confectionne un berceau,
Tressant autour du pied les plumes d'un oiseau.
Mais le plant s'étiolait sous le soleil ardent,
Et Noé dut chercher un récipient plus grand.
La mâchoire d'un lion traînant sur le chemin
Devint tout aussitôt l'écrin de nos raisins.
Le périple fut long et la vigne poussait,
Noé dut à nouveau vite la replanter
Dans le crâne d'un âne, et ce dernier abri
Lui permit de gagner la Mésopotamie
Où elle prospéra, et où Noé devint
Le premier Vigneron s'enivrant de son vin :
Car les trois animaux protégeant ses racines
Ont marqué à jamais le bon jus de la vigne.
Siffler simple fillette rend gai comme un pinson.
Boire bonne bouteille, puissant comme le lion.
Mais qui veut avaler, seul, une Dame-jeanne
Montrera aussitôt la bêtise de l'âne.
L'homme perd le bonheur à vouloir toujours plus.
Lucifer le Démon est un ange déchu.
Adam, le premier homme, en dégustant le fruit
De l'arbre du savoir, perdit le Paradis.
Les enfants de Noé se moquèrent de lui
Car il avait trop bu et s'était endormi.
Le vin est merveilleux, oui, mes amis trinquons !
Mais sachons consommer sans exagération.


