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Poème de 2002

soleil

L'hiver, tout semble mort autour de ma maison.
Le froid a dépouillé les arbres à l'horizon.
Les pluies ont resserré la terre des sillons,
Laissant un sol tassé où se dressent les troncs
Couronnés de bois sec. Mais déjà quelques pleurs
Suintent au bout des sarments qu'on coupe au sécateur.
La pointe des bourgeons s'ouvre sous la caresse
Du souffle printanier. Et voilà que se dressent,
Comme s'ils s'ébrouaient au matin de l'année,
Mille tendres bouquets de feuillettes rosées
Bien serrées en cocons, se chevauchant entre elles,
Recouvrant le trésor des grappilles nouvelles.

La vigne en son printemps est tendre et capricieuse.
Parfois, s'il fait moins beau, elle semble frileuse,
Récupérant ses forces pour un nouveau départ.
Parfois, exubérante, elle étend son feuillage
Et grimpe ses rameaux au plus près du soleil.
Ou elle s'épanouit, et embaume le miel
Le tilleul et le coing quand elle offre sa fleur,
Subtile symphonie de charme et de douceur.

La vigne en son été prend vigueur et puissance.
Elle pousse ses brins, en matrone imposante,
Garnissant les coteaux de buissons de verdure,
Protégeant ses raisins sous son feuillage dru.
Les grappes vont bientôt grossir, se colorer,
Changer leur jus acide en doux nectar sucré
Quand le temps est venu de récolter les fruits.
Le beau cep vert et fier se dépouille et jaunit,
Perd sa feuille à nouveau aux premières gelées,
Se dénude aux vents froids de cette fin d'année.

Cycle toujours nouveau, toujours recommencé.
Pauvreté et grandeur se succèdent à jamais.
Le vieux cep miséreux donne un fruit merveilleux,
Espérance de vie, trésor des jours heureux.

 
Olivier Gelineau - Mars 2002

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